Innovations suscitées ou activées par la pandémie COVID 19

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La pandémie COVID-19 est une source de crises considérables, d’ordre sanitaire, politique, économique et social. Mais elle suscite aussi des réactions individuelles et collectives, ainsi que de la créativité managériale, tant au niveau d’Etats ou de territoires, qu’à celui d’entreprises ou de réseaux d’acteurs économiques.

Certaines initiatives techniques ou organisationnelles (usage de monnaies virtuelles, nouvelles formes d’échange ou de travail) permettent d’aménager les comportements. Sans renoncer aux habitudes culturelles (par exemple au besoin de proximité ou d’oralité), elles ont permis de faire adopter de nouveaux usages commerciaux ou professionnels, notamment pour réduire les risques de contamination et d’expansion virale.

Les risques induits par les transports inutiles (de biens, de matériaux, d’importations) incitent à réduire la dépendance extérieure. De nombreux dirigeants plaident pour une économie de savoir-faire local, en produisant des biens et services au plus près de la population, ce qui permettra par ailleurs de développer une économie de production endogène et de faire de l’Afrique une terre d’industrialisation. Cela n’empêche en rien les solidarités internationales par rapport à des biens complexes ou à des produits où l’investissement technologique requiert des coopérations plus larges.

L’obligation d’agir vite et d’être réactif pousse certains Etats à repenser leur réglementation pour apprendre à juger des opportunités de fond sans s’attacher à des contraintes de forme qui bloquent l’élan créatif.

Par ailleurs, on voit se créer de nouvelles start-ups orientées vers l’économie numérique, ce qui permet d’outiller les habitants à partir de leurs smartphones. Elles ont aussi pour but de faire croître des productions à distance, en évitant (ou en réduisant) les transports coûteux et lents, surtout dans les pays dont l’infrastructure routière est encore inadaptée à la croissance exponentielle des véhicules.

Enfin, l’urgence de répondre à des besoins sanitaires a incité des PME (particulièrement au Maghreb) à construire des réseaux de complémentarités, soit pour innover ensemble en réponse à des demandes avérées, soit pour construire une force d’initiatives en lien avec les Pouvoirs Public et répondre ainsi à certaines exigences de fabrication. Ces réseaux ont montré leur efficacité. Ils pourraient servir de base à une réorganisation de certains secteurs économiques sur un mode partenarial, en renforçant les intérêts de la coopération par rapport aux habitudes concurrentielles.